Le fauteuil Club de sa naissance à aujourd’hui

Table des matières

On vous dit tout sur l’histoire du fauteuil club : comment ce fauteuil indémodable a évolué de sa naissance jusqu’à nos jours et de quelle manière les différents courants artistiques ont façonné son apparence.

Quelle est l’origine du fauteuil club ?

Nous vient-il des intérieurs typiques de la vieille Angleterre ? Ou, comme certains le pensent, est-ce un pur produit de l’artisanat français ?

Au début du XXᵉ siècle, on trouvait déjà dans les Gentlemen Club anglais un modèle de fauteuil rond, à l’assise profonde et enveloppante. Celui-ci était bien plus confortable que les sièges ordinaires de l’époque. En effet, les fauteuils en vogue avaient un design classique, des accoudoirs en bois et étaient recouverts de tissu.

C’est à cette période que des artisans français s’emparent de ce modèle et lui donnent ses lettres de noblesse en le couvrant d’une peau de mouton de la meilleure qualité : le fauteuil Club était né !

Indémodable et intemporel, le fauteuil club allie confort, luxe et style. Il est reconnaissable par ses larges accoudoirs, sa forme ronde et ses assises bien garnies. Son revêtement en cuir de basane, qui est sa marque de fabrique et d’authenticité, assure une assise d’un confort et d’une douceur inégalés.

L’Art nouveau, berceau du fauteuil club

Au XVIIIᵉ siècle, le style néoclassique domine. Il se caractérise par des lignes géométriques directement inspirées de l’art grec et romain. Au début XIXᵉ siècle, le courant « Empire » s’impose avec un style très sobre et solennel, avec peu détails et d’ornements. À cette époque, l’art devait dégager un sentiment de gloire, de force et de splendeur.

Dans le courant du XIXᵉ siècle, certains artistes souhaitent rompre avec le style historique dominant et s’autorisent à introduire une forme de sensibilité dans l’Art. Ils placent la nature au centre de leurs créations en s’inspirent des arbres, des fleurs, des insectes, des animaux. C’est ainsi qu’est né le style Art nouveau (1890-1910). Ce style se caractérise par l’asymétrie, la présence de rythmes, de couleurs, d’ornements, de lignes courbes et d’arabesques. Ce mouvement artistique d’une extrême richesse explose et se répand de Vienne à Chicago en passant par Londres.

En France, ce sont les créations d’Hector Guimard, concepteur des bouches du métro parisien qui font encore la fierté de la ville, qui représentent le mieux ce courant artistique.

Bouche de métro conçue par Hector Guimard, pur produit de la Belle Époque et de l’Art nouveau

Le mobilier de l’Art nouveau

Ce nouveau style artistique touche principalement l’architecture et les objets de décoration d’intérieur, comme les meubles et les verreries. Le but est de créer des objets qui soient à la fois beaux et fonctionnels. Ce courant remet au goût du jour l’artisanat et revalorise le travail ouvrier.

En effet, le début du XIXᵉ siècle correspond à la révolution industrielle, à la production de masse et donc à la disparition de l’artisanat individuel. Avec l’Art nouveau, on valorise l’ébénisterie, la poterie ou encore l’émaillage… tout en produisant des objets aux formes simples et harmonieuses. Partout où cela est possible, la ligne droite est bannie au profit de la courbe et du mouvement, à l’image de la nature.

L’émergence du courant Art déco

Le style Art nouveau est balayé en 1910 par le style plus géométrique de l’Art déco (1910-1940). Ce dernier tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui se tint à Paris en 1925, plus simplement nommée « exposition Art déco ».

Ce mouvement connaît son heure de gloire dans les années 20 et promeut le retour du classicisme. Les motifs géométriques, le glamour, les couleurs vives, les détails raffinés et excessifs ainsi que la symétrie sont les symboles de ce style à la fois baroque et chic. Il se différencie des courbes organiques et asymétriques de son prédécesseur, l’art nouveau.

Au début des années 1900, le fauteuil club voit le jour en France et connaît un immense succès. On l’appelait d’ailleurs « fauteuil confortable », par opposition aux fauteuils classiques que l’on trouvait à cette époque-là. C’est l’avènement de nouvelles techniques de tapisserie qui ont permis sa conception. Les artisans utilisaient du crin végétal et des ressorts biconiques pour le rembourrage de l’assise, du dossier et des accoudoirs. Le fauteuil club offrait ainsi une structure enveloppante et un confort extraordinaire. L’évolution de son design sera considérablement influencée par le courant Art déco.

C’est entre les années 20 et 30 que le « club » subit sa plus grande transformation. Tout d’abord, les accotoirs qui dessinent d’abord des lignes de fuites qui s’apparentant à des obus, vont devenir plus fins et plus hauts. Tout doucement, le fauteuil Club va perdre ses rondeurs. Ses lignes vont devenir droites, lui donnant l’aspect d’un meuble « taillé au couteau ». Sous l’influence des années folles, il va même se parer de boiseries rares, de perles et de franges audacieuses.

Le fauteuil club dans les années 30 et 40

Vers la fin des années 30, l’aspect du fauteuil club va encore évoluer. Le dossier, jusqu’alors droit ou bombé, se pique de fantaisie en s’inclinant vers l’arrière, tandis que sa partie supérieure se courbe en accolade. Cette innovation majeure devient très populaire après la Seconde Guerre mondiale. Le creux de l’accolade offre une zone de repos naturelle pour la tête idéale pour la lecture ! Les modèles « Moustache », « Chapeau de Gendarme » ou encore le « Parisien », apparaissent alors.

D’autres innovations voient le jour, comme les accoudoirs crossés, les palmettes d’éléphants, ou encore le châssis bas. Le fauteuil club offre un excellent compromis entre confort et esthétisme, ce qui explique qu’il figure parmi les modèles les plus recherchés.

L’évolution du fauteuil club des années 50 à 70

Nous sommes en plein épopée vintage ! Durant ces années, le mobilier va se faire plus amusant. Les fauteuils prennent des couleurs vives et s’habillent de revêtements nouveaux comme le simili, le skaï, la microfibre ou plus récemment, le bycast.

Certains modèles de fauteuils club deviennent plus grands et plus opulents. Les clous ne sont plus très en vogue. Toutefois, les fauteuils les plus élégants se parent de clous tapissiers au niveau des accoudoirs, des côtés et des dossiers pour en souligner les courbes.

Canapé club 2 places Belle époque
Clous de tapissier du fauteuil club

Au cours de ces années, le fauteuil club va se parer de formes originales, contrastant avec le fauteuil club traditionnel de forme carrée. On peut citer par exemple le modèle trèfle, très reconnaissable avec ses 3 bosses rebondies sur le haut du dossier.

Le fauteuil club de nos jours

Depuis sa naissance, le fauteuil club s’est considérablement diversifié. Il existe aujourd’hui de nombreux modèles aux différentes formes, tailles et revêtements.

Vous trouverez des dossiers ronds, droits, en forme d’accolade, de moustache, de chapeau de gendarme ou encore le modèle « Corvette » dont le dossier est inspiré de la Chevrolet Corvette des années 50. Sa structure a évolué afin qu’il puisse accueillir 2 ou 3 personnes : c’est ainsi que les canapés club sont apparus. Certains sont même convertibles !

Divers revêtements sont aujourd’hui disponibles : velours, simili, vachette, tissus… Mais les véritables amateurs de fauteuils club recherchent toujours la basane. C’est cette matière noble qui lui donne tout son cachet. Les défauts de peaux et les marques laissées par le temps sont même une garantie d’authenticité.

Le revêtement en cuir de mouton existe en différentes teintes : gold (ocre léger), rustic, miel, cognac, chocolat, rouge, noir. Le confort et la longévité du fauteuil club sont inégalables. La durée de vie moyenne d’un véritable fauteuil club en cuir est de plus de 30 ans.

Le Fauteuil Club fait partie du mobilier français de luxe depuis le début du XXᵉ siècle. Son confort, sa qualité et son raffinement nous ravissent encore aujourd’hui !

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