Le tannage végétal du cuir

Pour confectionner l’ensemble de notre gamme de fauteuils et canapés Club, nous travaillons en collaboration avec une mégisserie située à Mazamet, dans le Tarn (81). Cette entreprise française familiale, existant depuis 1898, est spécialiste en tannage végétal.

Depuis 4 générations, elle perpétue un savoir-faire centenaire unique. Elle est aujourd’hui reconnue dans le monde entier.

La philosophie de cette mégisserie est de proposer des prestations de grande qualité, respectueuses de l’environnement.

Elle travaille avec des laboratoires de recherche et développement pour élaborer sans cesse de nouveaux produits et de nouveaux procédés de fabrication.

Nous vous proposons de découvrir leur atelier et les différentes étapes de travail des peaux.

Les avantages du tannage végétal

Les avantages du tannage végétal sont nombreux. 

Tout d’abord, il s’agit d’un procédé sain, sans danger pour la santé de l’utilisateur final et du mégissier, car aucun produit chimique n’est utilisé. Il n’y a aucun risque d’allergie.

Cette méthode est moins nocive pour notre Terre et plus respectueuse de l’environnement car les tanins sont issus de végétaux. De part ses qualités environnementales et son côté inoffensif, on parle de “cuir écologique”.

La mégisserie respecte par ailleurs la norme REACH, certifiant que les colorants ou autres produits nécessaires pour le tannage sont tous validés par les autorités françaises et européennes en matière de sécurité et d’utilisation.

Elle possède par ailleurs sa propre station de traitement des eaux et utilise une chaudière à bois pour chauffer ses bâtiments. Ces actions permettent à la mégisserie de limiter au maximum son empreinte carbone.

En plus d’être naturel, le cuir au tannage végétal est très solide, il absorbe bien l’humidité et a une très bonne tenue dans le temps. Il a l’avantage de bien vieillir et de s’embellir au fil des années par une jolie patine.

Grâce à ses teintes naturelles, il dégage des couleurs profondes et très nuancées, ce qui rend le cuir unique et authentique !

Qu’est-ce que le tannage végétal ?

A la différence d’un tanneur, qui travaille de grandes peaux (vaches, veaux, buffles, taureaux, taurillons…), le mégissier travaille des peaux plus petites (agneaux, moutons, chèvres).

Tanneurs et mégissiers utilisent tous deux des tanins pour transformer ces peaux en cuir. Cette opération de transformation s’appelle le tannage. Elle consiste à rendre les peaux imputrescibles, durables, résistantes aux déchirures, à l’eau, aux fortes températures et à l’abrasion. 

Selon le type de cuir recherché, le tannage leur confère plus ou moins de souplesse ou de fermeté.

Il existe deux types de tannage : le tannage végétal et le tannage minéral.

Le tannage végétal utilise des tanins issus de plantes. Ces tanins se trouvent dans les écorces d’arbres (chênes, châtaigniers, mimosas, acacias…), les feuilles, les pépins, les racines ou encore la sève des végétaux.

Il fut le premier moyen utilisé par nos ancêtres de la préhistoire pour travailler les peaux. L’Homme a en effet très rapidement compris l’intérêt de transformer les peaux des animaux qu’il tuait pour se vêtir, se chausser et construire des habitats pour se protéger des intempéries.

Le tannage minéral, quant à lui, emploie des tanins minéraux : sels de chrome, sels de fer, sels de zirconium… 

Cette technique, mondialement répandue, est moins coûteuse et plus rapide que le tannage végétal, mais de plus en plus décriée. En effet, ces produits chimiques sont très polluants et peuvent provoquer des allergies. Ce que gagne l’industrie en productivité et en rendement avec le tannage minéral coûte en termes de qualité du produit et de préservation de l’environnement.

Rares sont les fabriques qui utilisent encore l’ancienne technique, le tannage végétal, pour travailler les peaux. 

Mon Fauteuil Club a décelé les bienfaits de ce procédé et l’a adopté pour la confection de ses fauteuils et canapés Club.

Les étapes préalables au tannage végétal

Obtenir un cuir fini est un long processus qui comprend de multiples étapes. C’est un savoir-faire ancien qui s’appuie aujourd’hui sur des techniques et des procédés modernes.

Avant le tannage à proprement parler, il y a deux étapes importantes : le travail de la peau et le travail dit “de rivière”.

Cette seconde étape consiste notamment à baigner les peaux dans un grand volume d’eau. Elle était alors traditionnellement réalisée directement dans le lit d’une rivière, d’où son appellation.

La mégisserie de Mazamet est idéalement située, près de la rivière le Thoré, un cours d’eau bien singulier et calcaire au possible, qui convenait parfaitement à ce travail. Cette étape s’effectue aujourd’hui dans de grandes cuves.

Le travail de la peau

Le travail de la peau consiste tout d’abord à séparer soigneusement la peau de la carcasse de l’animal à l’aide d’outils spécifiques. On parle à ce stade de “peau fraîche”. Ces peaux sont extrêmement fragiles et périssables. Il est donc impératif de les préparer rapidement en vue de leur conservation et de leur utilisation future.

75% du poids de ces peaux est de l’eau. Elles se dégradent alors en quelques heures. Pour stopper le développement des microbes et des bactéries et donc cette dégradation, il faut éliminer cette eau. 

Cela passe par une première étape de salage. Une fois le sel retiré, intervient une étape de séchage. A ce stade, on parle de “peau brute”.

Les peaux sont ensuite triées et classées en fonction de leur qualité, leurs défauts, leur taille, leur poids, le sexe des animaux…

Notons ici que les animaux ne sont pas tués pour leur peau. La peau est un déchet de l’industrie de la viande, que les mégisseries récupèrent et valorisent. Sans l’industrie du cuir, la peau ne serait qu’un déchet de plus à traiter et à éliminer.

Le travail de rivière

Le travail de rivière a pour but de transformer les peaux brutes en peaux prêtes à être tannées.

Il consiste à tremper les peaux afin de :

  • les réhydrater
  • éviter leur putréfaction
  • bien les nettoyer 

Ces dernières ont en effet encore de la laine, des poils et des impuretés à leur surface, côté épiderme. 

La trempe permet le dépilage (destruction des poils et de l’épiderme de surface) et le pelanage (dégradation légère les fibres pour rendre la peau plus réceptive aux futurs traitements tannants)

Cette étape conditionne en partie la souplesse du cuir fini, car plus les fibres seront dégradées et plus le cuir sera souple.

C’est aussi à ce moment que l’on met en valeur « la fleur », autrement dit l’aspect et la qualité de la peau. 

Les peaux passent ensuite à l’écharnage. Une machine (une écharneuse) élimine l’ensemble des tissus sous-cutanés, côté chair. 

Enfin, la peau passe par une étape de rinçage abondant à l’eau, puis par une dernière étape d’essorage. 

A la fin du travail de rivière, de la peau d’origine, il ne reste que le derme prêt pour l’étape de tannage.

Le tannage végétal

Le tannage végétal est l’opération permettant de transformer la peau (débarrassée des poils et autres résidus) en cuir, grâce à des tanins végétaux. Notre mégisserie partenaire utilise principalement des écorces de québracho et de mimosas.

L’action de ces derniers permet de passer d’une peau putrescible, à une matière imputrescible et résistante.

Cette étape consiste à plonger la peau dans de grandes cuves circulaires, appelées foulons de tannerie, contenant les tanins. 

Elle se réalise lentement, sur des périodes allant de quelques jours à plusieurs mois. Elle produit des cuirs souvent fermes, parfaits pour la fabrication des fauteuils et canapés Club. Le cuir obtenu est appelé la basane. Le tannage révèle toute la noblesse de cette matière.

Au sortir de cette opération, il est désormais possible de parler de cuir et non plus de peau.

Deux dernières étapes s’ajoutent généralement au tannage végétal : le corroyage et le finissage. 

Le corroyage

Il se compose de plusieurs phases. Tout d’abord un essorage, qui se fait à l’aide d’une presse ou de machines à cylindres de feutre. Sous l’effet de la pression, le cuir perd une grande partie de sa teneur en eau. Puis, on laisse les peaux s’égoutter pendant 24h à 48h.

Intervient ensuite :

  • le refendage : on sépare le cuir en deux feuilles, l’une est la fleur, d’épaisseur uniforme (côté externe) et l’autre est la croûte. C’est la fleur qui est utilisée dans la confection de nos fauteuils et canapés Club.
  • Le dérayage pour éliminer les excès de cuir et les parties indésirables
  • La mise au vent pour finir de sécher le cuir, l’étirer et lui donner une surface plane 
  • Une deuxième mise au vent, appelée “retenage”
  • Le palissonnage pour l’assouplir

Le finissage

A la fin de ces étapes, il est possible de nourrir le cuir et de lui donner l’aspect et la teinte que l’on souhaite.

La nourriture va apporter une grande souplesse et augmenter sa durée de vie.

Pour obtenir une teinte en particulier, les cuirs passent dans plusieurs bains de teinture, contenant divers colorants. 

Ils sont colorés de façon uniforme et plus ou moins en profondeur. 

Ensuite, en fonction du rendu final souhaité, le cuir peut se voir appliquer un satinage ou un grainage. Il passe alors entre des presses, avec des plaques lisses ou gravées et chauffées, pour lui appliquer un motif (rides de surface, grain artificiel, dessins en relief, aspect “croco”…)

Ces caractéristiques esthétiques concernent la brillance, la couleur, le toucher ou le relief. 

Le cuir se transforme alors en cuir fini prêt à habiller canapés et fauteuils Club.