Un siège réservé aux rois ? Découvrez l’histoire du fauteuil

Comment lier confort et design ? Un challenge vieux de 4000 ans !

Les plus anciens témoignages de l’existence du siège en tant qu’objet de confort et d’apparat datent de l’Égypte ancienne, environ 2600 ans av. J.-C. Dès cette époque, on voit des efforts de conception cherchant à lier le confort (dossier incurvé, assise en cordelettes tressées) au design (sculpture des pieds et incrustation de matières précieuses). Découvrez la surprenante histoire de la naissance du fauteuil.

Les 3 grandes étapes de l’histoire du siège, de l’antiquité à la renaissance

L’apparition de l’assise sur sangles de cuir remonte à l’antiquité grecque. En effet, on y voit également apparaître des coussins garnis de fibres végétales.
Le Moyen-Âge, en occident, voit naître la chaire : monumentale chaise en chêne, la chaire se situe à mi-chemin entre le fauteuil et le trône. De plus, son haut dossier est généralement sculpté, et sa prestance le réserve aux seigneurs ou chefs de famille. Plus imposant que confortable, ce siège est parfois complété d’un petit coussin posé sur l’assise, et d’un autre, appelé « carreau », posé sur le sol afin de préserver les pieds du froid.
Durant la Renaissance, on voit une grande évolution technique. Sur les « chaire à bras », les garnitures rembourrées sont fixées directement sur le châssis. Fini l’inconfort des coussins qui glissent ! C’est donc à cette époque que naît véritablement le métier de tapissier.

L’histoire méconnue de la naissance du fauteuil

Sous Louis XIII, la recherche du confort continue, et amène à de multiples modifications. En effet, le dossier s’incline vers l’arrière, les garnitures s’épaississent, les accoudoirs s’incurvent pour mieux recevoir les bras. Mais surtout l’assise des sièges s’abaisse ! Moins haut, le siège n’exige plus des acrobaties pour en monter ou en descendre, et s’y assoupir n’est plus synonyme de danger.

Sous Louis XIV, les fauteuils se font toujours plus luxueux. En effet, ils changent de largeurs et de formes au gré des évolutions des modes féminines et des tailles des robes.
Il faudra attendre l’arrivée de l’art nouveau pour voir un réel retour à la simplicité. Fini les lourdes dorures : la tendance est aux formes souples rappelant la légèreté des végétations naturelles. Beaucoup de sièges présentent alors un dossier asymétrique, censé se « fondre » davantage dans le paysage.

Ce seront les Années folles qui verront naître le « fauteuil ». Période d’abondance et de richesse, la fin du XIXe siècle verra la démocratisation de ce meuble luxueux, rembourré et drapé de riches étoffes.

Il y a 400 ans, les nobles s’asseyaient par terre. Savez-vous pourquoi ?

Le terme « fauteuil » apparaît en 1636. En effet, à cette époque, l’attribution des sièges s’effectue par ordre hiérarchique. Le fauteuil est réservé au roi ou à ses hôtes les plus prestigieux, la chaise aux princes et hôtes de marque, le tabouret aux princesses et à la haute noblesse. Les autres membres de la cour s’assoient directement au sol, sur des coussins.