Maitrisez-vous l’art subtil de la conversation ?

Converser fait appel à un savoir-faire méconnu, le saviez-vous ?

L’art de la conversation est une expression apparue en France dès le XVIIe siècle. Par opposition à la discussion, plus sérieuse, converser est une activité agréable, empreinte d’esthétisme et d’allégresse, couvrant divers domaines. Quoi de mieux que de passer un bon moment dans son salon, sur les canapés en cuir et les fauteuils, à maîtriser ce savoir-faire méconnu tout au long d’une soirée ?

photo : La conversation, tout un art

Origine de l’art de la conversation

L’art de la conversation apparait dans une société où les nobles de la Cour se distinguent par leur oisiveté ainsi que leur désir de passer le temps de façon agréable et piquante. Le développement des salons où l’on peut s’adonner librement à cette activité favorise sa pratique. On prend le temps de converser dans un lieu spécifique où notamment les grands miroirs, cheminée d’époque et canapés capitonnés en cuir constituent un cadre privilégié.
L’art de la conversation typiquement français décline au XIXe siècle, avec le développement de la presse et des nouvelles techniques de communication.

Quel est rôle de la femme dans l’art de la conversation ?

Généralement, l’art de la conversation rassemble les grands esprits, qui ne manquent pas de répartie pour commenter les nouvelles du jour. En effet, en recevant chez elles, certaines femmes contribuent au développement de cette pratique à travers la France. Le livre « Les Femmes Savantes », de Molières, montre l’influence de la femme dans la littérature française.
Les salons avec miroirs et sièges confortables sont le cadre favori des philosophes pour véhiculer leurs nouvelles idées. Au XIXème siècle, les écrivains, poètes, musiciens ainsi que peintres intègrent également les salons.

L’Art incroyable de la conversation aux XVIIe et XVIIIe siècles

Les XVIIe et XVIIIe siècles marquent un tournant dans la pratique de la conversation. Dans un salon de la Cour, installés dans un modèle capitonné, les proches du roi et les membres de la société cultivée pratiquent un art sublime, celui de la douceur et de l’élégance des mots. La conversation est égayée par des divertissements et se déroule dans une ambiance conviviale.
Cet art prend en compte la forme et laisse le maintien, le ton et l’attitude prendre le dessus pour offrir une dimension nouvelle à l’art de converser. Ce loisir est un événement mondain, que l’on pratique autant au sein de la cour royale que dans les salons et à travers la littérature. Il est un moyen efficace de faire passer des messages.

Le « je » et le « moi »

L’art de la conversation respecte certains critères. Par exemple le « je » et le « moi » sont banis. En effet, dans la haute société, il est d’usage de ne jamais parler de soi. C’est un sujet jugé peu important pour l’autre. Il faut faire attention à la prononciation, au vocabulaire et à la diction.

Comment discute-t-on de nos jours ?

Certaines associations essaient de ranimer l’art de la conversation  en organisant des manifestations, comme « le festival de la conversation ». C’est l’occasion de redécouvrir cet art typique de la culture française. On essaie de recréer l’ambiance des salons d’antan. Dans de confortables fauteuils, les participants sont invités à débattre autour d’un thème spécifique.