A la découverte du Havane, le meilleur ami des fauteuils clubs

Le cigare de référence est indissociable des ambiances cosy

Pour de nombreuses personnes, La Havane rime avec cigare et fauteuil club. En effet, cette ville doit son nom au tabac utilisé dans la fabrication des cigares cubains, qui sont devenu une référence.
Depuis leur découverte, les fameux habanos (le nom d’origine) ont fait un nombre impressionnant d’adeptes, aussi bien en Amérique qu’en Europe. Qu’il fait bon fumer un bon havane, confortablement assis dans un fauteuil club en cuir, dans une ambiance cosy !

L’incroyable succès fulgurant du Havane

La culture du Havane date du début du XXe siècle. C’est un tabac purement cubain, cultivé dans le sud-ouest de la ville éponyme, dans la région de la Vuelta Abajo.
À la fois mat et terreux, ce tabac tire en partie son goût exceptionnel des vents particuliers soufflant sur l’île. Les feuilles de Havane sont séchées, mûrissent et fermentent aux alentours de San Luis et Pinar del Rio, avant d’être transportées vers les manufactures de la capitale cubaine.
Après l’accession de Fidel Castro au pouvoir, les manufactures de tabac ont été nationalisées et ont continué leur production. Malgré l’embargo des États-Unis, elles trouvent de nombreux marchés vu l’extrême qualité du produit.

 

fumeur en train couper le bout d'un cigare cubain Cohiba

A partir des années 80

Dans le début des années 1980, pendant que la production du cigare cubain est en pleine expansion, l’État sort une nouvelle marque, le Cohiba, réservée essentiellement aux invités officiels du pays. Face à l’engouement des fumeurs de Havane, la nouvelle marque est finalement exportée.
Véritable emblème de Cuba, le cigare est produit par approximativement 120 manufactures, exportant entre 50 et 80 millions d’unités par an.

Connaissez-vous les lecteurs de tabaqueria, le secret du succès de ces cigares ?

Ni la fertilité du sol de Vueltabajo, ni les soins traditionnels prodigués par les vegueros, ni l’habileté manuelle des cigariers ne peuvent expliquer la qualité exceptionnelle des cigares cubains. Pour percer les secrets de sa conception, il faudrait pouvoir visiter les fabriques de cigares. En effet, la feuille de tabac reçoit un ingrédient spécial pendant la préparation.
Les manufactures s’appellent les lecteurs de tabaqueria. Selon une vieille tradition cubaine, on lisait des textes aux esclaves africains qui travaillaient dans les champs pour les instruire. L’idée d’un lecteur vient du Portoricain Jacinto Salas y Quiroga.

Une tradition qui se met en place à partir du XIX siècle

Au XIXe siècle, alors qu’un prisonnier lisait un livre à ses collègues dans les galeries de l’Arsenal de la capitale cubaine, Nicolas Azcarate a la brillante idée d’étendre la coutume aux fabriques de cigare. C’est ainsi que le 21 décembre 1865, les cigariers de la fabrique d’El Figaro entendent pour la première fois un lecteur de tabaqueria.
Au fil du temps, de nouvelles organisations sont mises en place par les torcadores pour conserver cette tradition. La sélection du lecteur et des livres se fait par votes des employés. Vers la fin des années 50, après la Révolution, les fabriques ont instauré des “Commissions de lecture” ayant pour tâche de définir les textes à lire.
Les manufactures de cigares existent encore à Cuba, dans le pur respect de la tradition.